Très humblement je vous partage ce matin les premières lignes de mon autobiographie..."J'adopte la slash attitude !"
Une boule parmi les cubes?
« Il était une fois une boule égarée au milieu des cubes. En les regardant, elle se sentait si différente et avait l?impression d?être rejetée. Elle aurait tant voulu posséder des angles bien nets, comme tous ces magnifiques cubes à la géométrie parfaite. Elle avait bien essayé d?aplanir ses flancs, mais sans succès : à peine pensait-elle avoir réussi à redresser un peu sa surface bombée que la courbature réapparaissait de plus belle ! Rien n?y faisait : elle restait sphérique, comme une satanée boule qu?elle était. Qu?il était difficile pour cette boule de vivre parmi les cubes ! Et les cubes eux-mêmes ne se privaient pas de commentaires en tout genre visant à transformer la pauvre boule en polyèdre : « Allez, fait un effort ! Retiens ta respiration, ça te fait un peu plus cube ! », « Comporte-toi en cube, que diable ! Ce n?est pas si difficile », « Quand on veut, on peut ! Si tu y mettais un peu du tien, tu finirais par devenir un vrai cube? » Mais la lutte était sans espoir : sa belle forme arrondie, malgré tous ses efforts, restait courbe.
La situation paraissait désespérée et la boule en était arrivée à faire le deuil de l?idée même de bonheur. Jamais elle ne serait un cube comme les autres?Les autres ? C?est alors que plutôt que continuer à se morfondre sur son sort, elle ouvrit tout grand ses yeux sphériques pour contempler ces cubes auxquels elle ne ressemblerait jamais. Et là, surprise, elle découvrit que tous n?étaient pas aussi parfait qu?elle l?imaginait : celui-ci était un peu cabossé, cet autre souffrait d?asymétrie qui l?apparentait à un parallélépipède, cet autre encore avait tellement grossi que, malgré ses coins, il se confondait presque avec une boule. Qui sait, peut-être y avait-il même d?autres boules travesties en cube autour d?elle ?
Contre toute attente, les cubes ne se ressemblaient pas, loin s?en faut ! Chacun était UNIQUE, chacun était DIFFÉRENT. Du coup, notre boule se sent moins seule : si tous les cubes étaient différents, sa différence à elle n?était plus aussi différente?Et peut être bien que la clé de son problème résidait précisément dans cette découverte : elle avait le droit d?être différente, puisque de tout façon, les cubes étaient eux aussi différents.
À partir de ce jour, la boule cessa d?idéaliser le sort des cubes. Elle cessa donc la lutte et accepta enfin d?être ce qu?elle était, une magnifique boule. Elle y alla même jusqu?à exhiber fièrement ses courbes. Et à cet instant précis, elle sut ! Elle sut qu?être un cube, ce n?est pas mieux qu?être boule, ni pire d?ailleurs, seulement différent. Elle comprit qu?en acceptant ce qu?elle était, ce serait nettement plus facile de vivre et de trouver le bonheur quand bien même elle n?était pas comme les autres, quand bien même certains cubes continuaient de jeter un regard désapprobateur sur sa façon d?être, comme si le fait d?être une boule dérangeait leur existence bien réglée de cubes. »
Yves-Alexandre Thalmann -extrait du livre ?Comparez-vous et vous serez heureux ?.
INTRODUCTION
Le commencement d'un nouveau chapitre de vie : Mon huitième départ
21 janvier 2022- 17:30PM
Installée près du hublot, un tourbillon de pensées m'envahit soudainement, mélangeant nostalgie et intense joie. Mon regard se perd dans la régularité des pistes de l'aéroport. Une amertume remplit ma bouche, ma gorge se serre et je peine à respirer profondément. Je me murmure à moi-même : "encore un départ". Nous sommes en janvier 2022, à Bordeaux, et c'est déjà mon huitième vol en direction de Montréal. Ces quatre dernières semaines ont été une véritable tempête émotionnelle qui m'a rappelé que je ne peux pas contrôler tous les événements qui jalonnent ma vie. Même si j'ai l'impression de maîtriser la manière dont je souhaite la vivre, un événement est venu bousculer plusieurs de mes croyances et ébranler ma stabilité émotionnelle. Comme des millions de personnes à travers le monde, je n'ai pas échappé au virus du COVID-19, qui m'a plongée dans un état d'impuissance physique et mentale. J'ai dû rester à Bordeaux quelques jours de plus, alors que ma famille pouvait repartir pour Montréal dès le lendemain. Une nouvelle fois, nous étions séparés, l'un de mes pires cauchemars. J'ai dû patienter encore 20 jours pour retrouver la douceur du baiser de mon époux Fabien sur mes lèvres et le parfum de vanille dans les cheveux de mes filles Nana et Lou.
En ce matin du 21 janvier, après les derniers contrôles de routine, j'ai le feu vert de l?administration pour embarquer. Ma meilleure amie Nath est présente à mes côtés, comme toujours depuis 30 ans. Vient alors le moment de se dire la fameuse phrase que tous les voyageurs ont dit au moins une fois dans leur vie : "Bon allez, rendez-vous l'année prochaine". Je la serre fort dans mes bras et soudainement le flot de mes émotions m'envahit, mes larmes montent, le temps s'arrête, je ne montre aucune réticence à me montrer fragile. Lorsque je me ressaisis, je suis toujours enlacée dans ses bras mais je pense déjà aux 30 heures de vol et trois escales pour retrouver mon pays d'adoption. Mon c?ur devient tout à coup plus léger, c?est le moment de retrouver les miens. Au fil des années, je ne peux pas dire que les départs soient moins douloureux, mais j?ai simplement appris à m?adapter et, dans une certaine mesure, à lâcher prise. D?ailleurs, j?ai lu à ce sujet dans un filigrane de Judith Stern, intitulé « l?immigration, la nostalgie, le deuil », qu?éprouver cette nostalgie passagère à chacune de mes allées et venues entre mon pays de c?ur, la France, et mon pays de vie, le Québec, est commun au phénomène d?immigration. Il semblerait que cette nostalgie de l?immigration est vitale à la construction de sa double identité. Sans cette nostalgie, on est en danger de perdre ses propres souvenirs.
La voix de l'hôtesse de l'air me ramène à la réalité et je me sens présente dans le moment. Je regarde les bâtiments en verre de l'aéroport et j'aperçois des dizaines de visages qui observent attentivement les avions qui décollent et atterrissent sur la piste. Nous pouvons imaginer toutes ces familles qui sont séparées de leurs proches et qui, comme moi il y a quelques années, ont choisi de quitter leur foyer pour poursuivre leurs rêves. Beaucoup de gens ont qualifié ce choix d'égoïste et, dans une certaine mesure, je comprends leur point de vue. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser que c'est avant tout un geste de générosité et d'amour envers les personnes qui nous sont chères. Ne souhaitent-elles pas avant tout nous voir heureux et réussir dans la vie ? Je crois fermement que c'est également, avant tout, un acte d'amour envers soi-même. Nous choisissons la vie que nous désirons.
Libérez votre instinct : passer de l'intuition à l'action
Je porte toujours beaucoup d'importance à la façon dont je donne du sens aux actions que j'entreprends. Depuis l'adolescence, cette petite voix intérieure placée sur mon épaule gauche qui me chuchote de ne pas m'inquiéter, de patienter, qu'un jour je comprendrai la valeur de ma propre existence et que tout se mettra en place. À cette époque, j'étais incapable de vous parler clairement de ma quête de sens ou de ce que je voulais accomplir dans la vie. Cette voix se matérialisait comme un ressenti, comme une intuition. Elle envahissait tout mon être et me répétait que « un jour, la vie me donnerait raison, en attendant je devais faire confiance à mon instinct et continuer à croire que chacune de mes petites actions auront un impact dans le monde ».
Au fil du temps, j'ai compris que je ne pouvais pas me contenter de mes ressentis positifs et rassurants. Il fallait que je passe de la simple sensation à l?action concrète. En lisant divers ouvrages, j'ai réalisé qu'avoir un but plus grand que soi était un moyen de parvenir à un sentiment d?épanouissement psychologique.
Je me souviens des paroles de mon ancien directeur, qui m'avait dit lors de mon départ pour le Québec : « Ce départ Alex, c?est une fuite en avant ! ».
Mais est-ce que chercher à donner du sens à sa vie et suivre son intuition est réellement considéré comme une fuite ou une façon de fuir ses responsabilités ? Pour moi, c'est plutôt un signe de courage, de vitalité et de générosité envers soi-même. En construisant une vie plus en adéquation avec mes valeurs, mes rêves et mes véritables besoins, j'ai l'impression de m'accomplir pleinement. Lors de mes multiples recherches sur les études qui ont été faite ces dernières années sur la quête de sens, j'ai découvert que c'est un « processus psychologique qui implique nécessairement pour les individus de ressentir que leur vie a une importance, de donner un sens à leur vie et de déterminer un but plus général pour leur vie »
Quand j'avais 8 ans, j'ai découvert pour la première fois la force de ma puissance. Je me souviens d'un moment particulier où je me trouvais dans un coin de la cour de l'école, cachée sous de grands arbres, entourée de terre noire. J'incarnais alors une magicienne mythique qui ressemblait à Mylène Farmer*. J'avais imaginé des danses qui me permettaient d?entrer en contact avec des forces invisibles et j'avais le pouvoir d'influencer tous les éléments qui m'entouraient. Ma mission était d'aider, d'accompagner, de guider et de guérir chaque être vivant. Je me sentais en harmonie avec la nature et je ressentais toute son énergie.
C'est étrange de penser que ces émotions enfouies sont toujours présentes en moi après plus de 38 ans. Bien que je ne fasse plus de danses dans le fond de mon jardin, il faut que vous sachiez qu'il m'arrive parfois de faire des danses étranges devant la télé, comme pour retrouver mes vieilles habitudes. Mon mari pourrait en témoigner !
Pourtant, cette singularité m'a valu bien des déboires auprès de mes camarades de l'époque. En effet, j'étais la fille "perchée, bizarre". Ils ne se privaient pas de me le faire remarquer régulièrement. J'aurais pu me laisser abattre, mais il semblait qu'en plus d'être une magicienne, j'avais la capacité de me battre et d'affirmer mon autorité. Cela m'a d'ailleurs valu quelques séjours dans le bureau du directeur Mr. Charbonnier. Je n'ai donc pas grandi avec une bande d'amis avec qui nous pouvions faire les 400 coups, ni une « best friend » à qui je pouvais me confier. Je n'étais pas de celles qu'on invite à une fête d'anniversaire ou que l'on choisit dans son équipe pour jouer une partie de basketball. J'étais une solitaire et mon refuge c'était ma chambre. Dans mes souvenirs, ma chambre était immense et me laissait l'espace suffisant pour incarner qui j'étais profondément. Je pouvais facilement passer de la maîtresse d'école en plaçant toutes nos poupées en rang d'oignon comme dans une classe, à l'archéologue qui cherche à déchiffrer les hiéroglyphes grâce à mes encyclopédies ?Tout l'univers : pour comprendre les mystères de l'univers?.
En parcourant des ouvrages sur la quête de sens, j'ai découvert que celle-ci était composée de trois dimensions : l'importance, la cohérence et le but. C'est lorsque je vivais des moments de puissance et de cohérence, où je donnais un sens à ma vie en me fixant des objectifs, que je ressentais cette importance. Ce qui me fascine en vous racontant cette anecdote, c'est de constater que dès notre enfance, nous avons déjà une intuition de notre véritable essence, de notre personnalité authentique. Pourtant, au fil de la vie, nous nous égarons et nous cherchons, une fois adultes, à retrouver qui nous étions réellement au plus profond de nous-mêmes lorsque nous étions enfants.
Ce dont j'étais certaine en partant pour le Québec, c'est que cette décision n'était pas une fuite en avant mais bel et bien un besoin vital de retrouver "qui j?étais profondément ". Le fait de découvrir un nouvel environnement loin des jugements m?offrirai le courage et l?audace de révéler ma nature profonde. Je savais que la personne que j'allais découvrir serait une version différente, une version bonifiée, une deuxième moi ! Mon instinct me disait que je ne serais pas "juste une personne" mais une "multitude de versions" de moi-même en y incluant la possibilité d'incarner toutes les multiples identités professionnelles qui sommeillaient en moi.
Suite a venir?.
#jadoptelaslashattitude #slashing #femmepluriactive #autobiographie #queteidentitaire